Maud Geffray et Sébastien Chenut, le duo frenchy électro Scratch Massive, s’apprêtent à nous livrer leur nouvel album : Nuit de Rêve, un disque d’une rare cohésion qui se nourrit d’un passé 80’s, mais propose aussi une vision singulière de la musique synthétique actuelle. Propos recueillis par Joss Danjean
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Saviez-vous déjà où vous vous dirigiez en commençant Nuit de Rêve ?
Seb : On savait où l’on souhaitait aller, mais cela a évolué un peu en cours de route. Ça s’est fait sur un an environ. En sortant la compilation Joy en 2009, on avait fait beaucoup de recherches sur cette période particulière des années 80, en écoutant par exemple des bandes originales un peu obscures.
Maud : L’envie, c’était clairement de faire un objet très homogène à la différence de notre album précédent Naked où l’on avait sorti un maxi sur MBF en Allemagne (MyBestFriend Ltd distribué par TraumSchallplatten NDR) qui était inséré à l’album : les tempos pouvaient varier beaucoup, passer du dancefloor à quelque chose de plus calme. Cette fois, on a travaillé d’une traite. On a défini ensemble quels synthés on allait utiliser. On voulait aussi un rythme global assez lent, ce qui donne un tempo général au disque. On s’est tenu à cela sur tout l’album et, du coup, on s’est attaché à vraiment travailler les mélodies. Ça nous a ouvert un nouvel espace de travail sonore.

Côté synthés, vous êtes allés chercher des machines vintage pour obtenir ce son ?
Seb : Au lieu de faire comme beaucoup de musiciens qui vont chercher des synthés 80’s, on a utilisé des pluggings qui reproduisent ces sonorités : l’idée, c’était d’avoir un disque qui trouve ses racines dans le passé, mais qui reste un album actuel utilisant les techniques d’aujourd’hui.
Le choix des invités est assez éclectique, c’est dû au hasard ?
Maud : Il ne s’agit pas de hasard dans le sens où lorsque l’on travaillait sur les titres, on savait vraiment quels étaient les morceaux sur lesquels on voulait une voix et ceux qui devaient rester instrumentaux. Le premier sur lequel on voulait de la voix, c’était « Paris ». On est très heureux d’avoir pu avoir la participation de Daniel Agust, le chanteur de GusGus avec sa voix magnifique, à la fois douce, tenue et empreinte de nostalgie. On voulait avoir des voix venues d’univers différents, les retravailler à notre manière et les faire entrer dans notre univers afin de les intégrer à l’album, comme si c’était des instruments. On ne voulait pas faire des chansons « avec des invités ».

D’où est venue votre inspiration pour cet album : ce tempo lent et cette densité omniprésente ?
Maud : Tout simplement de la vie, des souffrances (rires) ! Plus sérieusement, on a fouillé dans nos émotions, dans nos expériences. On voulait quelque chose de profond. Par exemple le titre sur lequel chante Chloé est hyper dark et on l’adore.

Mais l’album est aussi apaisé…
Seb : Apaisé… mais assez dark en même temps.

SCRATCH MASSIVE
Nuit de Rêve
(Chateau Rouge/Pschent)

Dès le début de Nuit de Rêve, on s’immerge dans un univers dramatique qui rappelle les productions 80’s et les bandes originales signées des grands maîtres du genre comme Giorgio Moroder ou John Carpenter. On devine rapidement deux niveaux de lecture : une évidente simplicité contrebalancée par une production à la fois dense et nerveuse. Ponctué par les interventions vocales de Koudlam, Jimmy Somerville, Daniel Agust ou encore Cholé qui s’intègrent parfaitement dans cette unité de son, Nuit de Rêve transfigure le genre et évite les écueils récurrents du revival 80’s. Un disque entre passé, présent et futur.

www.myspace.com/scratchmassivegroup

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