Difficile de ne pas succomber au charme nonchalant de la belle Australienne Micky Green. Après un coup d’essai en 2007 couronné par 180 000 albums vendus, moult concerts et festivals et même une Victoire de la Musique, Michaela confirme aujourd’hui avec son second album Honky Tonk que l’on doit dorénavant compter avec son style inimitable : une sorte de pop bluesy décomplexée reconnaissable entre mille.
Propos recueillis par Joss Danjean
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C’est ton second album, les choses sont allées assez vite pour toi…
Oui, car je ne m’attendais pas à un tel emballement. J’ai fait mon premier album un peu par hasard sans trop savoir où j’allais. J’y étais allée à l’instinct. Aujourd’hui je suis heureuse de faire ce que je fais, j’ai grandi et j’ai beaucoup appris en tant qu’artiste. Je me sens plus forte. Quand je pense à la scène, je suis très excitée alors qu’à mes débuts cela me faisait un peu peur. J’ai beaucoup moins tourné en 2008 qu’en 2009 car je préparais ce second album et cela m’a beaucoup manqué. Donc 2010 sera définitivement une année de scène et de tournée pour moi et j’ai hâte d’y être !

Tu avais déjà des morceaux en stock ou tu as écrit de nouvelles chansons juste pour ce disque ?
En fait j’écris tout le temps. Juste après l’enregistrement de mon premier album White T-Shirt, je me suis immédiatement remise à écrire. Et les chansons de ce nouvel album sont nées entre 2007 et début 2009.

À l’époque tu utilisais GarageBand pour enregistrer tes démos, c’est toujours le cas aujourd’hui ?
Oui, je sais que c’est un peu dépassé pour travailler, mais je connais bien toutes ses fonctionnalités et cela colle assez bien avec ma façon de travailler et mon style musical. Ça fait un peu amateur… J’ai pourtant essayé ProTools, mais j’ai du mal à l’utiliser.

Avec cet album, on reconnaît d’emblée ton style si particulier, mais en même temps il semble qu’il y ait plus d’instruments qu’auparavant.
Disons que le temps passé en studio avec Renaud Létang m’a beaucoup appris et je n’ai plus peur d’ajouter des éléments, sans perdre de vue le côté simple de ma musique. Je pense mon travail de manière plus construite que par le passé, en évitant toujours de tomber dans une débauche d’arrangements.

Tu as conservé la même équipe que pour le premier album ?
On a enregistré au Studio Ferber avec Renaud Létang, mais on a invité aussi Julien Chirol pour les cuivres et la patte jazzy du pianiste Eric Legnini. Pour la plupart des autres instruments, c’est moi qui m’en suis chargée : la basse, les claviers, la batterie…

Jouer de la batterie n’est pas si commun pour une fille…
Quand j’étais au lycée en Australie, j’ai fait partie d’un groupe et ils avaient besoin d’un batteur donc je me suis improvisée batteuse… et je dois dire que j’ai aimé ça !

Tu as passé plus de temps en studio cette fois-ci.
On a eu plus de moyens que pour la première fois, il y avait donc plus d’instruments à enregistrer. Cela a pris trois mois en tout, mais étalés sur une période de six mois.
Renaud a tendance à ajouter plus de choses que je ne le ferais, mais nous en discutons ensemble.On fait des essais et des changements et l’on arrive à se mettre d’accord assez facilement sur les versions définitives des morceaux. On a aussi cherché à trouver des arrangements différents, quasiment electro pour « R&B » ou presque disco pour « T.L. », tout en maintenant un cap particulier qui soit le fil rouge de l’album : mon son.

Comment qualifierais-tu cet album ?
Je dirais pour commencer qu’il est plus mature. Quand j’ai fait White T-Shirt, j’avais des chansons qui me venaient de mon adolescence, de mes 15 ans. Cette fois je m’identifie davantage à mes textes car ils rendent compte de la femme que je suis devenue [Micky a 25 ans, ndlr]. Les thèmes sont variés, cela va de « No Line » qui parle de la vie et de la façon dont tu veux vivre ta vie à « My Mind », la première que j’ai écrite pour ce disque et qui parle d’isolement….

Comment le succès a changé ta vie ?
En fait, j’ai toujours eu l’habitude de voyager beaucoup quand j’étais plus jeune et encore plus quand je suis devenue mannequin. Mais le succès ne change pas vraiment ma vie de tous les jours, je me sens juste davantage à ma place car je fais ce que j’aime faire.

Et sur scène, comment se présentera ton show ?
Je pense que l’on sera plus nombreux, même si je veux conserver une formation simple qui colle bien à mon style. Pour quelques dates, il y aura des invités, mais en tournée, ce sera cinq musiciens. Je jouerai un peu de tout, mais surtout la partie chant bien sûr [rires].

À l’époque de ton premier album tu avais réalisé de petites vidéos assez simples qui rappelaient les scopitones des années 60 avec peu de moyens mais bourrés d’idées. Comment envisages-tu cela pour ton nouveau disque ?
Il y aura quatre épisodes. L’un est sur « T.L. » et nous shootons la vidéo à Miami. Ça va être très sympa, je pense, surtout avec les couleurs que l’on peut avoir là-bas. Et trois autres pour « My Mind », « The Game » et enfin une sorte de jeu vidéo sur le titre « R&B ». Ce sera un lien sur internet pour jouer avec des monstres qui ressemblent aux Village People, ça va être fun. J’aime les jeux vidéos mais les classiques, comme Space Invaders ou Sonic…

As-tu ressenti plus de pression pour ce second disque ?
Peut-être, oui, car pour le premier, je ne savais pas trop où j’allais. Cette fois je me rends vraiment compte de ce qui se passe et les choses que ça implique. Mais je reste assez tranquille. Il n’y a rien de plus angoissant pour moi que de ne pas écrire. Du coup, je ne m’arrête jamais !

MICKY GREEN
Honky Tonk
(Polydor/Universal)

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