Les poumons du créateur du jazz cool dans les années cinquante n’ont quasiment rien perdu de leur puissance, ni son esprit de son inspiration. Lee Konitz, 82 ans, a enflammé le Duc des Lombards en novembre dernier. Son CD, Duos avec Lee, sorti simultanément par Naïve, transpire le bonheur de créer. La recette ? Un jeune pianiste français, Dan Tepfer, qui lui a rendu son génie.
Propos recueillis par Bruno Pfeiffer
Propos recueillis par Bruno Pfeiffer
Votre son paraît plus délicat. Pourquoi ?
Je joue avec un chiffon dans l’embouchure du saxophone. J’aime ce son.
La complicité avec Dan Tepfer confine à l’intimité.
J’ai voulu qu’il joue davantage en contrepoint qu’en solo. Il est clair que Dan ne se contente pas de m’accompagner. Il apparaît, en quelque sorte, en solo derrière moi. Nous jouons ensemble. Ma voix est plus audible, c’est tout. Plus nous improvisons librement, plus le propos collectif devient intéressant.
Vous marquez une prédilection pour les duos avec piano depuis quelques années ?
Disons que j’en enregistre davantage. Toutefois la formule est loin de représenter une nouveauté pour moi. Rappelez-vous Anti-Heroes, avec Gil Evans, en 1980. Ceci dit, c’était différent : le piano de Gil tenait le rôle d’un orchestre. N’oubliez pas non plus les duos avec Martial Solal.
Que signifie le titre commun aux dix morceaux, « ELANDE » ?
C’est l’anagramme de Dan et de Lee. Le titre reflète bien l’imbrication de la musique avec lui. Il réalise un travail prodigieux.
Vous ne vouliez pas devenir une copie de Charlie Parker, comme tous les autres altos de son époque. Vous en écoutez maintenant ?
Oh, mais j’en ai toujours écouté. Un musicien monumental ; ce type vole (il se met à scatter le solo de « Don’t Blame Me »). Vous voyez ? Je le connais par cœur. Simplement, je voulais amener autre chose. Alors je me suis interdit de jouer sa musique. Mon idole, c’était Johnny Hodges.
Je joue avec un chiffon dans l’embouchure du saxophone. J’aime ce son.
La complicité avec Dan Tepfer confine à l’intimité.
J’ai voulu qu’il joue davantage en contrepoint qu’en solo. Il est clair que Dan ne se contente pas de m’accompagner. Il apparaît, en quelque sorte, en solo derrière moi. Nous jouons ensemble. Ma voix est plus audible, c’est tout. Plus nous improvisons librement, plus le propos collectif devient intéressant.
Vous marquez une prédilection pour les duos avec piano depuis quelques années ?
Disons que j’en enregistre davantage. Toutefois la formule est loin de représenter une nouveauté pour moi. Rappelez-vous Anti-Heroes, avec Gil Evans, en 1980. Ceci dit, c’était différent : le piano de Gil tenait le rôle d’un orchestre. N’oubliez pas non plus les duos avec Martial Solal.
Que signifie le titre commun aux dix morceaux, « ELANDE » ?
C’est l’anagramme de Dan et de Lee. Le titre reflète bien l’imbrication de la musique avec lui. Il réalise un travail prodigieux.
Vous ne vouliez pas devenir une copie de Charlie Parker, comme tous les autres altos de son époque. Vous en écoutez maintenant ?
Oh, mais j’en ai toujours écouté. Un musicien monumental ; ce type vole (il se met à scatter le solo de « Don’t Blame Me »). Vous voyez ? Je le connais par cœur. Simplement, je voulais amener autre chose. Alors je me suis interdit de jouer sa musique. Mon idole, c’était Johnny Hodges.
L’école de Lennie Tristano, dont vous sortez, conserve son aura. Qu’en pensez-vous ?
Tristano incarnait un courant à lui tout seul. Il enseignait sous forme de concepts. Du coup, on trouvait même des batteurs parmi ses élèves. Al Levitt, par exemple. La priorité de Lennie ? Les mélodies. Il se positionnait en dehors des modes et des tendances.
Le guitariste Ry Cooder m’a confié qu’il s’intéressait à l’école Tristano. Pour la réhabiliter ?
Ry Cooder veut faire un « Tristano Social Club » ? Pourquoi pas. (Il éclate de rire). Du moment qu’il n’en sort pas Jurassik Park !
Vous jouez depuis combien de temps?
J’ai compté l’autre jour. J’ai donné mon premier concert il y a soixante-six ans : en 1943, dans un club à Chicago. J’avais 16 ans ! J’ai mis du temps à l’avouer car c’était au noir... Puis en 1949, Miles Davis m’appelait pour le disque Birth of the Cool.
Le prochain disque?
Un CD en public au Birdland, en décembre. Le label ECM enregistre un quartette composé de Paul Motian (batterie), Brad Mehldau (piano), Charlie Haden (contrebasse) et moi en sideman (il rigole). Blague à part, je me considère comme un éternel sideman, invité par ses pairs, pour tenir sa place.
LEE KONITZ & DAN TEPFER
Duos avec Lee
(Naïve)
Tristano incarnait un courant à lui tout seul. Il enseignait sous forme de concepts. Du coup, on trouvait même des batteurs parmi ses élèves. Al Levitt, par exemple. La priorité de Lennie ? Les mélodies. Il se positionnait en dehors des modes et des tendances.
Le guitariste Ry Cooder m’a confié qu’il s’intéressait à l’école Tristano. Pour la réhabiliter ?
Ry Cooder veut faire un « Tristano Social Club » ? Pourquoi pas. (Il éclate de rire). Du moment qu’il n’en sort pas Jurassik Park !
Vous jouez depuis combien de temps?
J’ai compté l’autre jour. J’ai donné mon premier concert il y a soixante-six ans : en 1943, dans un club à Chicago. J’avais 16 ans ! J’ai mis du temps à l’avouer car c’était au noir... Puis en 1949, Miles Davis m’appelait pour le disque Birth of the Cool.
Le prochain disque?
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Duos avec Lee
(Naïve)
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