Deux ans après son premier EP, cette fine équipe de jeunes Bordelais sort enfin son premier album, Turnin’ Wrong. Au programme, une pop à guitares bien bossée qui se dégage peu à peu de ses références trop évidentes (les Strokes en tête). Propos recueillis par Thibault Goehringer
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Vous avez déjà souligné votre déplaisir à voir votre nom associé à la scène « baby rockers » parisienne. Que vous inspire ce qualificatif ?
C’est vrai que l’on nous a assez souvent rapprochés de ce mouvement. Pour nous l’expression « baby rockers » n’a aucun sens. Tous les groupes de rock mythiques ont commencé jeunes, sans qu’on les désigne sous le terme « baby ». Je pense qu’il s’agit d’une attitude typiquement française, et que ce nom dévalorise les jeunes qui font de la musique. Et puis on n’est pas des BB, on est des kids !

Tu as une voix que beaucoup ont qualifiée « de crooner ». Tu as volontairement cherché à chanter de cette manière ?
Non, c’est quelque chose qui m’est venu naturellement. Je pense que c’est dû en grande partie à mes influences : Johnny Cash, Lee Hazlewood, Lou Reed, Bill Callahan … J’ai toujours adoré les voix graves, ça te transperce avec douceur.

Quel regard portez-vous sur la scène bordelaise, dont vous êtes issus ?
Elle est très dense et variée, avec pas mal de groupes sympas comme Minuscule Hey ou Good Old Days. Lorsqu’on avait participé aux sélections du Printemps de Bourges, je me souviens qu’on n’était pas moins de 6000 groupes issus de l’Aquitaine à avoir déposé notre candidature ! C’est une scène très dynamique, soutenue par de nombreuses asso’ telles que « Allez les filles », mais aussi par la « Rock School Barbey » qui promeut pas mal de jeunes groupes en devenir.
Vous évoquez souvent la difficulté à retranscrire en enregistrement l’énergie de vos concerts. Était-ce l’un des objectifs de cet album, et êtes-vous satisfaits du résultat ?
Oui, on est très satisfaits ! Il est vrai que c’est difficile de retranscrire en enregistrement l’énergie d’un concert, qui doit beaucoup à ce que nous renvoie le public. Quand tu enregistres, tu es tout seul dans une pièce hermétique ; certes tu travailles dans de super conditions avec du bon matériel et des gens au top, mais ça reste très différent… On s’est donc dirigés vers un son et une énergie qui se rapprochent du live, tout en essayant d’apporter quelque chose de plus.

Kid Bombardos
Turnin’ Wrong
(Sober&Gentle/Sony Music)
www.myspace.com/kidbombardos


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