Retour en fanfare des Londoniens menés par le tandem Joe Goddard et Alexis Taylor avec leur electro-pop aux accents tantôt éthérés tantôt soul, comme s’ils avaient un pied dans le passé et un dans le futur. Aussi connu pour ses remixes des plus inventifs (pour Amy Winehouse ou Gorillaz entre autres) que pour ses propres compositions, Hot Chip tient une place bien à part parmi les artistes anglo-saxons, quelque part entre LCD Soundsystem et Scissor Sisters. Un réel grand écart musical réitéré avec ce quatrième album !
Propos recueillis par Joss Danjean
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Hot Chip est passé maître dans l’art du mélange d’influences diverses, mais partagez-vous les mêmes goûts musicaux ?
Joe Goddard : Bien sûr : Brian Eno, Devo, Leonard Cohen, Kraftwerk, Yellow Magic Orchestra ou Chic, mais on s’embrase aussi pour des choses plus personnelles. Par exemple Alexis aime tout particulièrement Stevie Wonder et Prince (il est carrément obsédé). Felix, lui, ce sont plutôt les artistes techno du label Kompakt… C’est très éclaté.

Comment jugez-vous l’évolution de votre musique depuis vos premiers enregistrements ?
On a surtout fait d’énormes progrès au niveau technique. Pour être totalement honnête, quand on a commencé, on ne savait pas trop ce qu’on faisait – ce qui, d’une certaine manière, peut s’avérer intéressant. Mais, à la longue, c’est assez fatigant car ça limite la création. Quand tu débutes, tu n’as peur de rien car tu n’as jamais eu l’expérience des mauvaises chroniques dans la presse. Contrairement aux idées reçues, la pop music est une forme d’art assez conservatrice, donc tu fais plus attention lorsque tu t’aventures vers certains territoires sonores. On est obligé de rentrer dans un moule comme le format de trois minutes ou la structure “couplet-refrain-couplet”, ce qui réduit considérablement le champ d’expérimentation. Mais on essaie néanmoins de faire coïncider nos envies d’expérimentions avec ce format, ce qui est aussi un challenge en soi…

Quelle est votre ligne directrice musicale depuis vos débuts ?
Je pense qu’on a surtout cherché à mélanger les sons synthétiques et acoustiques avec le plus de cohérence possible. On est très fier de ce nouvel album car je pense qu’il mélange tout ça d’une manière encore plus inextricable qu’auparavant. Avant, c’était assez évident de deviner nos influences principales. Maintenant, ça devient volontairement plus compliqué à décoder.

Même le format de l’album est plus pop…
Tout à fait : alors que le précédent, Made in the Dark, contenait beaucoup de titres, on voulait cette fois-ci faire un album assez dense avec seulement dix morceaux. Ce fut un peu délicat, car dans un souci de cohésion et de style, on a dû écarter des morceaux qui étaient vraiment bons. Au final, chaque morceau de l’album remplit une certaine fonction.
Vous écrivez/composez tout le temps ou vous procédez par périodes ?
On écrit constamment, mais c’est vrai qu’il est difficile de se concentrer et de trouver des moments de calme lorsqu’on est en tournée. Mais on emporte néanmoins nos laptops sur la route.

Y a-t-il un processus de création type pour vous ?
Pas vraiment. Cela peut commencer par une boucle, une mélodie et quelques mots qui sonnent… Pour le titre « Slush », on venait d’avoir un nouveau micro et c’est en faisant des essais qu’on a trouvé les bribes du début de la chanson.

Vous avez des thèmes de prédilection ?
On ne commence pas en se disant : on devrait faire une chanson sur tel ou tel sujet. Pourtant, en revenant sur l’album, il paraît évident qu’on parle le plus souvent de relations humaines. Nos vies impliquent cela. On voulait écrire des chansons assez ouvertes et émotionnelles. Alexis avait déjà tenté par le passé de faire des chansons d’amour, mais les réactions de la presse n’avaient pas été claires : il en a conservé cette envie de faire des chansons d’amour clairement orientées.

Vous avez même incorporé des éléments de classic house de Chicago, m’a-t-on dit ?
J’ai toujours été fan des orchestrations et des chœurs des anciens morceaux de Larry Levan pour West End Records. Et sur le dernier titre, « Take It In », je voulais vraiment incorporer ces éléments.

Vos morceaux évoluent beaucoup entre les versions de départ et celles qui se trouvent sur le disque ?
Bien sûr ! Pour « Hand Me Down Your Love », l’originale était assez électronique. On l’a réchauffée avec des éléments acoustiques pour lui donner l’allure d’un morceau des Four Tops avec un couleur assez live.

HOT CHIP
One Life Stand
(Parlophone / EMI)

DISCOGRAPHIE :
2004 Coming On Strong (Moshi Moshi)
2006 The Warning (Emi)
2008 Made in the Dark (Emi)
2010 One Life Stand (Emi)

  • One Life Stand

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