En voilà un qui a largement mérité son prix de la mise à scène à Cannes ! Et pourtant le scénario pourrait agir comme un effet repoussoir pour tout spectateur lambda non amateur de film d’action à l’américaine. Mais c’était sans compter sur le talent de son réalisateur, Nicolas Wending Refn, qui livre un film à la fois fataliste, romantique et violent à l’esthétique eighties soignée. D’une grâce inouïe. Propos recueillis par Charlène Salomé
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« Quoiqu’il arrive, je n’interviens pas pendant le braquage, je ne porte pas d’armes, je conduis ». Le ton est donné. Le film suit les aventures d’un « driver » mutique et solitaire, garagiste et cascadeur à ses heures perdues, qui joue les as de la conduite pour le compte de la mafia. Il instaure ses propres règles : il ne prend part au crime qu’en conduisant. Jusqu’au jour où l’un des casses tourne mal...

Qu’on ne s’y méprenne pas. Drive n’est pas simple film de course poursuite bourré en testostérone, c’est un film d’action gracieux, convoquant l’esprit des meilleures séries B des années 70. Nicolas Wending Refn y filme un héros moderne, « a real hero » selon le titre d’une chanson de The College, figurant à la bande originale, euphorisante. Ryan Gosling, décidément omniprésent et magnétique en driver solitaire et peu locace, vient réveiller le fantôme de Steeve McQueen. Charismatique, jusque dans sa démarche chaloupée, la façon de machouiller son cure dent ou d’arborer son blouson frappé d’un scorpion doré. De quoi arracher quelques râles extatiques à un spectateur subjugué ! Et c’est avec beaucoup d’intérêt qu’on y suit la love story naissante et platonique entre Gosling et la charmante Carey Mulligan (Never Let Me Go).
Après la trilogie Pusher et Le Guerrier Silencieux, le réalisateur danois nous offre une virée dans un Los Angeles violent et feutré, sur fond d’électro-pop exaltante (superbe ouverture du film sur "Night Call" de Kavinsky), où les lumières de la ville se confondent sous l’effet de la vitesse. La succession de scènes sanglantes n’est jamais gratuite, elle est nécessaire, attendue, et réalisée avec un redoutable sens de la mise en scène. Un film qui pourrait bien faire référence !

DRIVE
De Nicolas Winding Refn
(Le Pacte)
Avec : Ryan Gosling, Carey Mulligan, Bryan Cranston, Ron Perlman et Christina Hendricks
Sortie le 5 octobre 2011


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