Tour à tour réalisateur, chanteur, peintre, scénographe d’exposition et même designer pour un mystérieux club parisien, David Lynch est partout. Et tout semble lui réussir. Tout ce qu’il touche se transforme en lingot d’or et rentre instantanément au panthéon de la « branchitude » universelle. Tout cela en deviendrait presque agaçant pour nous autres mortels…
Propos recueillis par Charlène Salomé
Inclassable, David Lynch cultive l’art de semer le trouble. Tout ce que le cinéaste réalise ne peut s’apparenter qu’à lui-même, tant ça ne ressemble à rien d’autre. On ne peut plus « lynchien » donc… Décliné à toutes les sauces pour baptiser le chant vaporeux de sirènes désabusées, le qualificatif n’a jamais eu autant de raisons d’être. Crazy Clown Time, le premier véritable album solo du Maître, pourrait résumer à lui seul les méandres de sa pensée : une électro pop lancinante, angoissante, comme plongée dans l’acide. Attention donc, ça donne un peu le tournis. En un mot : bizarre. Mais jusque-là, rien de bien étonnant quand notre mémoire nous rappelle qu’il a réalisé des films comme Mulholland Drive, Blue Velvet ou encore Elephant Man.
Rodé à l’exercice, il avait déjà poussé la chansonnette sur la B.O. de Inland Empire et aux côtés de Sparklehorse et Danger Mouse sur l’album Dark Night Of The Soul. Sortir un album d’électro ne lui suffit pas, toujours là où on ne l’attend pas, le sexagénaire a la bougeotte d’un gamin hyperactif.
Rodé à l’exercice, il avait déjà poussé la chansonnette sur la B.O. de Inland Empire et aux côtés de Sparklehorse et Danger Mouse sur l’album Dark Night Of The Soul. Sortir un album d’électro ne lui suffit pas, toujours là où on ne l’attend pas, le sexagénaire a la bougeotte d’un gamin hyperactif.
Il semble prendre un certain plaisir à semer la confusion dans nos petits cerveaux. Alors qu’il réalise, avec la complicité de Patti Smith, la scénographie de l’exposition Mathématiques, un dépaysement soudain, qui se tiendra jusqu’en mars 2012 à la Fondation Cartier, il a pris également le temps de concevoir le design du nouveau très select club parisien « Le Silencio ». Dédié à une clientèle triée sur le volet, l’adresse s’est offerte une décoration inspirée du film Mulholland Drive, tout droit sortie de l’imaginaire de son créateur. Et pour comprendre un peu mieux ce processus de création, les éditions Actes Sud publient justement Works on Paper, un ouvrage réunissant esquisses, aquarelles et simples croquis, qu’il a accumulés depuis son adolescence. Works on Paper s’acquiert, tout de même, pour la coquette somme de 145 euros. Mais plonger dans l’esprit du Maître, ça n’a pas de prix.
David Lynch
Crazy Clown Time
(Sunday Best)
Works On Paper
(Actes Sud)
Mathématiques, un dépaysement soudain
À la Fondation Cartier (Paris, XIVe)
Jusqu’au 18 mars 2012
www.davidlynch.com
www.fondation.cartier.com
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