Une réédition monumentale en DVD ressuscite l’art prodigieux des ballades d’un monstre sacré du saxophone. Rien que pour « Lover », ruez-vous dessus…??
Propos recueillis par Bruno Pfeiffer
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Le label Abeille distribue une quatrième livraison de DVD de la collection américaine « Jazz Icons ». Parmi les chefs-d’oeuvre qui nous tombent sur le cœur, tous plus sublimes les uns que les autres (Anita O’Day, Art Farmer avec Jim Hall, Jimmy Smith, Woody Herman, Errol Garner, Art Blakey), marquons une préférence pour un des géants du jazz, Coleman Hawkins, le père du saxophone ténor. Deux sessions superbement enregistrées à la fin de sa vie. En public, en Angleterre, en 1964, le batteur Jo Jones lui sert les thèmes sur un plateau. On écoute « Lover » quinze fois. On a le temps de hurler son bonheur : le morceau dure dix minutes. Le concert est filmé avec une
dévotion telle, avec une qualité d’image si nette, un focus si attentif durant les solos, que l’émotion déborde.Point d’orgue du concert de 1962 en Belgique, la ballade « Autumn Leaves ». Quel immense improvisateur sur les tempos lents ! Quelle inspiration dans les phrasés ! C’est à pleurer de joie. La réédition nous rend Coleman Hawkins, l’espace de ces deux captures. Parole de spécialiste : la cinquième écoute est encore meilleure !

COLEMAN HAWKINS
Live in 62 and 64
(Jazz Icons / Abeille Distribution)

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