Cet hiver, on continue d’adorer le cinéma dans Openmag. Voici une petite sélection de films qui font oublier que, dehors, on déprime dans le froid.
Propos recueillis par Mélodie Maurel
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Rock dans l’attitude mais aussi dans la bande son, Bliss est réalisé par Drew Barrymore. Pour son premier film derrière la caméra, l’actrice choisit Ellen Page alias Juno pour le premier rôle. Bliss c’est comme « Made », le show de MTV qui a pour but de changer un lycéen un peu has been en rock star, skater ou surfer. Ici, c’est dans le mode du roller derby qu’on est plongé. Ellen Page incarne une ado qui a l’habitude de faire des concours de Miss. Puis, elle change de lycée et rencontre des petites punkettes qui font du roller derby (cette course de roller où des filles tatouées se mettent sur la figure pour franchir la ligne d’arrivée) et la gentille Bliss Cavendar devient petit à petit une barbie destroy (son nouveau surnom). Le premier film de Drew Barrymore en tant que réalisatrice est assez réussi, dans la lignée des films indé américains comme Little Miss Sunshine ou Juno.

On passe du rock à la soul attitude avec Black Dynamite, une série B complètement déjantée qui raconte l’histoire de M. Black Dynamite, une légende de la culture black des seventies. Le spectateur est plié en quatre toutes les trois minutes et ne tient pas en place, surtout s’il est adepte de l’humour des 70’s. Des tas de faux raccords, des scènes à l’énormité évidente, des situations rocambolesques : si vous n’accrochez pas à la parodie et au 100e degré, ce n’est pas la peine de vous déplacer. Ce film plaira d’ailleurs beaucoup aux amateurs de Tarantino. Si vous allez le voir en VO – ce qui très fortement conseillé – sachez que Boris Bergman, le parolier d’Alain Bashung, a participé à l’écriture des sous-titres. Le slang afro-américain y est enfin respecté.

Quand les frères Cohen font de la comédie dramatique, ils aiment y mettre la touche rock’n’roll en utilisant souvent des morceaux de Creedence Clearwater Revival par exemple – dans Serious Man, on peut entendre le titre « Cosmos Factory ». Serious Man est donc le nouveau long métrage de Joel et Ethan Cohen. Une comédie piquante, sarcastique et cynique comme ils en ont le secret. Serious Man, c’est l’histoire d’un certain Larry Gopnik, professeur de physique dans une petite université du Midwest, qui a plein de problèmes avec sa femme (ou plutôt sa future ex-femme), sa fille et son frère qui squatte son canapé. Larry décide alors de prendre conseils auprès de trois rabbins afin de devenir un mensch (un homme bien chez les juifs). Alors que dans leur précédente comédie Burn After Reading, on pouvait admirer une pléiade d’acteurs stars, ils ont décidé pour Serious Man de mettre en scène des comédiens peu connus, voire pas connus du tout, du grand public.
Une autre bonne comédie sort sur les écrans cet hiver, Les Chèvres du Pentagone. Réalisée par Grant Heslov, elle met en scène Evan McGregor et Georges Clooney (à croire que ce dernier s’est désormais spécialisé dans les rôles de tordus). L’histoire du film est assez loufoque, mais le tout est assez drôle et efficace. L’armée américaine possède une unité spéciale composée d’amateurs de paranormal. Lyn Cassady (Clooney) est donc un soldat qui croit posséder d’étranges pouvoirs et se rend en Irak avec Bob Wilton (McGregor), un journaliste désespéré. Petit clin d’œil : Clooney se présente à McGregor en disant « je suis juste un maître Jedi ».

À ne pas rater du côté des blockbusters
Agora, réalisé par l’Espagnol Alejandro Amenábar, prend place dans l’ancienne Égypte en plein déclin de l’empire romain, où une érudite, Hypatie, tente de changer le cours de l’Histoire. Le réalisateur d’Abre los Ojos et des Autres change totalement de style avec ce péplum au budget de blockbuster hollywoodien.
Malgré un accueil plutôt mitigé durant le festival de Cannes, Agora est en passe de devenir en Espagne le plus gros succès de son box office avec plus de 17 millions d’entrées. Que les déçus de Cannes se rassurent, le grand public a droit à une version amputée d’une demi-heure et remontée par Amenábar. Plus concis, le film devient bien plus efficace.
On en parle beaucoup dans les médias et pour cause, c’est le dernier film de Clint Eastwood qui signe une comédie sous fond d’apartheid, Invictus. Morgan Freeman y incarne un Mandela tout juste élu qui devient fan de rugby et choisit un rugbyman (Matt Damon) pour mener l’Afrique du Sud en finale de la Coupe du Monde.
Après s’être démené du côté de la production (notamment District 9), le réalisateur néo-zélandais Peter Jackson revient enfin derrière la caméra avec Lovely Bones, l’adaptation du roman d’Alice Sebold paru en 2003. On dit que des réalisateurs comme Spielberg et Jean-Pierre Jeunet tentèrent d’acquérir les droits d’adaptation du roman. Pas étonnant quand on connaît le succès potentiel d’un tel film. L’histoire commence dans les années 70 par l’assassinat d’une ado de 14 ans, Suzie. Mais, peu à peu, c’est dans un monde fantasmagorique situé entre rêve et réalité, entre la vie et la mort, qu’est transporté le spectateur. Depuis son monde parallèle, la jeune fille va essayer d’élucider son propre meurtre emmenant ses proches dans une enquête policière. Ouvrez bien l’œil pendant la projection : Peter Jackson, à l’instar de Hitchcock ou M. Night Shyamalan, aime faire une brève apparition. Ici, il apparaît en client obsédé par sa super 8 !

De l’animation comme on l’aime
Le petit bijou d’animation de cet hiver est signé Wes Anderson : l’excellent Fantastic Mr. Fox. Le réalisateur de La Famille Tenenbaum s’attaque à l’animation avec l’adaptation du roman Fantastique Maître Renard de Roald Dahl, auteur connu pour Charlie et la chocolaterie ou James et la pêche géante. Le film, qui a fait l’ouverture du 53e Festival du film de Londres en octobre 2009, a été entièrement réalisé en stop motion (image par image) avec un appareil photo Nikon D3 ! Amateurs d’animation à l’ancienne, courez donc voir cette petite perle qui, en plus d’être « fantastique » visuellement, transmet un message écolo : des vilains fermiers veulent exterminer la petite bande d’animaux du bois où blaireaux, belettes et autres mulots sont menés par ce fantastique renard très rusé ! En plus, c’est drôle, piquant et génialement mis en musique.
Quant aux studios Disney, qui n’ont pas pu réunir les plus petits au cinéma ce Noël avec le terrifiant Scrooge (qui, rappelons-le, faisait plus peur que Paranormal Activity !), ils se rattrapent en ce mois de février avec La princesse et la grenouille, un film qui enchantera les petits et leurs mamans. C’est donc un bon Disney à l’ancienne qui vous attend avec dessins à la main, histoires de princesse, chansons d’amour… et non de l’anim 3D aux blagues que les enfants ont du mal à piger ! Un Disney à l’ancienne, mais avec une grande nouveauté : ici, l’héroïne est la première princesse noire de Disney. L’histoire prend place dans une Nouvelle-Orléans jazzy et rythmée !

À voir également
Océans, un documentaire de Jacques Perrin (Himalaya, le peuple migrateur) qui nous plonge au pays des baleines. Et Sumo une drôle de comédie israélienne où des obèses, qui en ont marre d’essayer de faire des efforts pour perdre du poids, découvrent l’art Sumo dans un restaurant japonais !
Surtout n’oubliez pas : cet hiver, pour éviter d’avoir froid, allez au cinéma !

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