Gizelle Smith & The Mighty Mocambos / This is Gizelle Smith & The Mighty Mocambos

Une section rythmique sous amphétamines, des guitares “cocotte” et du solo de cuivre à tout va, on a bien affaire à du funk dans la pure tradition old school des années 70. La musique de The Mighty Mocambos ne s’arrête pourtant pas à un enchaînement de titres survitaminés. La panthère black, Gizelle Smith, joue ici de sensualité et d’une maîtrise vocale impressionnante qui n’a rien à envier aux grandes voix passées. Le son est brut et à l’ancienne et ce premier album a déjà l’âme des vieux 45 tours. Grisant ! MJO


Lilea Narrative / Échantillodrome

Et si, pour trouver les producteurs electro/hip-hop de demain, il fallait se rendre à la sortie des écoles de... cinéma ? Tout au long de son second album, le Caennais Lilea Narrative déroule en effet une bobine de samples, influences et atmosphères propres au 7e art. On navigue entre plans-séquences aériens, montage nerveux et fondus enchaînés sur fond de scratches. Le clap de fin résonnant, on en redemande, en espérant ne pas avoir assisté à la dernière séance. MdC


Galactic / Ya-ka-may

Qui n’a jamais éprouvé les pires difficultés à satisfaire son public lors d’un barbecue ou d’un réveillon arrosé ? Avec Ya-ka-may, c’est une quarantaine de minutes de repos qu’offrent les Galactic aux DJ frustrés. Tout ce que la musique cuivrée et emplie de basses a pu donner de bon est passé en revue. On croise fanfares, guitar-heros et rappeurs ; on breake, on esquisse un pas de salsa, on s’essaye au Boogaloo. Champagne éventé et brochettes brûlées n’ont alors plus d’importance : on danse. MdC


Whitefield Brothers / Earthology

La planète a décidément la cote. Tandis qu’Arthus-Bertrand la toise de haut et que d’autres s’y attardent en Scandinavie, les Whitefield Brothers, eux, la parcourent en musique. Les frères munichois convient rappeurs tout-terrain (Percee P, Mr Lif) et combos cuivrés (Dap Kings, El Michels Affair) à repousser les limites de leur « raw soul », pour un tour du monde en treize pistes. Jules Verne lui-même en deviendrait « vert ». MdC??


Souls Of Mischief / Montezuma’s Revenge

On a bien vite fait de résumer les vieilles gloires du hip-hop 90’s à des vinyles qu’on dépoussière pour atténuer la nostalgie. Pour leur grand retour, les Souls Of Mischief virevoltent et se renvoient la balle tels de jeunes premiers sur des instrumentaux classieux signés Prince Paul. Le premier fan des « bons vieux jours » ne manquerait pas d’être bluffé. Et si finalement le rap, c’était mieux maintenant ? MdC??


Jaga Jazzist / One-Armed Bandit

Les réunions entre copains, ça peut vite tourner au capharnaüm. Tout au long de ce One-Armed Bandit, les dix Norvégiens de Jaga Jazzist échangent, ponctuent, se coupent la parole. On passe du coq à l’âne, du jazz à l’electro, du piano aérien au riff enflammé : à peine un thème nous évoque une réaction et la discussion glisse sur tout autre chose. On ressort finalement de l’écoute comme de retrouvailles arrosées : la tête un peu pleine, mais en retenant essentiellement les bons moments. MdC


Guru 8.0 / Lost and Found

Gang Starr est de ces binômes dont il est difficile de dissocier les individualités. C'est pourtant orphelin de DJ Premier que Guru officie depuis six ans, épaulé depuis par Solar. Et force est de constater que la combinaison peine à fonctionner, nous laissant loin du son suave des premiers Jazzmatazz. Ambiances sudistes peu maitrisées, tentatives boom-bap au goût de déjà-vu, utilisation de l'Autotune plus qu'étonnante... Tout cela fait de ce 8.0 une note somme toute logique (sur 20, s'entend). MdC


Jay Z / The Blueprint III

Voilà l'autre blockbuster de la rentrée rap, avec Only Built Cuban Linx Pt II. Et comme pour Raekwon, on redoutait de récupérer un projet misant avant tout sur l'effet d'annonce d'un nom culte, et ce d'autant plus que The Blueprint deuxième du nom avait été, en 2002, une franche escroquerie de la part de l'autoproclamé King of New York. Ce troisième volet penche, lui, heureusement, plutôt du côté de la réussite. Jay a sélectionné une série de prods aussi simples que grandiloquentes qui lui permettent de donner toute la mesure de son flow haut et articulé. Comme souvent avec le Pimp de Brooklyn, on regrettera certains refrains trop sucrés, mais The Blueprint III est, pour le reste, un album qui cartonne avec éloquence. JB


Flevans / 27 Devils

Ce disque est la nouvelle bonne surprise en provenance de chez Tru Thoughts. 27 Devils est un intense melting pot entre invitation dancefloor « funkysante », instrumentaux exotiques et pop imparablement accrocheuse. Derrière ce titre d'album énigmatique se cache le multi-instrumentiste surdoué Flevans, qui signe tout seul la quasi-totalité des instrumentations. L'homme, présent depuis les débuts du label, avait déjà signé d'autres projets pour l'écurie, mais il s'agit ici, à n'en pas douter, de son œuvre, à la fois la plus riche et la plus singulière. Car, si on savait Flevans un musicien hors pair, on lui découvre ici un flair pour les thèmes qui concilient sophistication groove et limpidité mélodique. Un régal. JB


Spraggy / Sunshine Country

Nouvelle signature de Believe, Spraggy est de ces artistes jamaïcains qui auront dû attendre longtemps leur heure, avant de pouvoir faire entendre leur voix. Du coup, ce Sunshine Country se révèle être un projet joliment balancé entre sonorités roots organiques et textures synthétiques plus modernes, mais d'une sobriété toujours pleine d'à propos. Pas de révolution sous les dreads qui s'agitent ici nonchalamment, mais le bon reggae est intemporel. N'est-ce pas oncle Bob ? JB


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