AGNES BIHL / Rêve Générale
Trois ans après Demandez le Programme, revoici la jeune et talentueuse Agnès Bihl qui signe avec Rêve Générale une quatrième ligne à sa discographie. Forte d’un long chemin parcouru marqué de nombreuses rencontres depuis ses débuts, ce nouvel opus nous apparaît comme le plus réussi de sa carrière artistique. On y retrouve de nombreux invités, de Grand Corps Malade à Didier Lockwood, en passant par Alexis HK pour sublimer ses textes singuliers. À noter l’implication d’Alain Cluzeau (Olivia Ruiz, Dionysos) pour mixer le tout. Top ! BC
LAFAYETTE / Rock You
Dans la rubrique « belle découverte de ce début d’année », on pourrait facilement citer le quatuor parisien de Lafayette, groupe rock mené de main de mettre par la fantasque Nathalie, dont le look ne serait sans nous rappeler celui de la chanteuse des Noisettes. Avec un chant en anglais bien dans l’air du temps, on définit leur style de « Heavy Rock Soul 70’s », avec des guitares omniprésentes et ravageuses, afin de mettre en valeur cette voix si chaude et sexy. Et pour les aider dans leur quête, ils ont fait appel pour mixer l’album à David Corcos (Franz Ferdinand), une référence ! À suivre de très près… BC
ILIS / Sex, Love & Rock’n’Roll
Contrairement à toute cette nouvelle génération de groupes rock en France qui aurait plutôt tendance à s’accommoder avec la langue de Shakespeare, Ilis fait partie de ces irréductibles Gaulois à préférer prendre le temps d’écrire de belles chansons en français, histoire de se faire comprendre... Une démarche personnelle difficile qui aurait tendance à les honorer. Ajoutez à cela une musique rock endiablée à l’image de leur premier single, Tu t’abandonnes, qui peut également parfois se faire plus douce sur certains titres (Si Peu de Temps). Il ne leur reste plus qu’à s’imposer sur scène pour rencontrer le succès mérité. BC
ARNAUD FLEURENT-DIDIER / La Reproduction
Reconnu par bon nombre de ses pères (Air, Vincent Delerm), Arnaud Fleurent-Didier incarne à travers ses chansons incisives et précises cette génération qui a plutôt tendance à regarder avec jalousie la jeunesse insouciante de leurs parents et qui se demande avec inquiétude de quoi demain sera fait. Cela donne des chansons comme France Culture ou Mémé 68… Après, on va sûrement dire de lui qu’il est un artiste catalogué bobo parisien, mais il a au moins le mérite de faire de belles chansons bien ficelées, aux mélodies imparables qui font mouche. N’est-ce pas ce que l’on demande d’abord à un artiste ? BC
EELS / End Times
Si Hombre Lobo parlait de désir, c’est vers la perte qu’est orienté End Times. Ce nouveau Eels est un album rupture. Everett l’enregistre quasi seul dans son sous-sol à L.A. sur un vieux 4 pistes, signant son divorce avec le monde. Or c’est une séparation amoureuse encore tiède qu’il sonde : la cohérence est parfaite. Ce sont les mêmes chansons pop, très courtes et très simples que sur Electro-Shock Blues. Sa voix s’est un peu éraillée et il en joue, sans essayer de se fondre dans le mainstream musical. Il fait ce qu’il sait faire et il le fait bien. CD
GET WELL SOON / Vexations
Le Berlinois Konstantin Gropper, aka Get Well Soon, persiste et signe dans sa pop schizophrène. L’érudit de musique nous balade dans ce grand manoir baroque qu’est Vexations. Mais gare aux distraits, ils seront perdus. Gropper avait certainement conçu l’architecture minutieuse de cet album avant que la première note ne soit griffonnée. La musique classique fait intrusion pour être dynamitée par une fanfare. Le petit monument qui se dresse, fortement scénarisé, déploie une pop orchestrée et précieuse évoquant The Divine Comedy, Beirut et Radiohead. CD
GOOD SHOES / No Hope, No Future
Good Shoes est un de ces groupes en vogue outre-Manche, surfant sur la vague de Arctic Monkeys. Ce qui prime ici, c’est l’énergie. Des riffs de guitare syncopés, une voix traînante, bouffée par un accent cockney des alentours londoniens, quelques parties plus mélodiques. Tous les ingrédients sont réunis pour que ce second album, No Hope, No Future, reçoive un très bon accueil et qu’on se l’arrache à la sortie des lycées. Un album sympa qui plaira aux fans de The Kooks tout au plus. MJo
BAND OF SKULLS / Baby Darling Doll Face Honey
Trio originaire de Southampton en Angleterre, Band Of Skulls surprend dès les premières notes par son énergie blues rock. Influencée par Led Zeppelin, la formation n’est pas sans rappeler le duo Black Keys. Tirant parfois sa guitare vers le hard rock, Band Of Skulls ne vulgarise jamais le style, mais lui insuffle une modernité déconcertante. Ça sent souvent la sueur, parfois la bière tiède et la cendre froide, mais jamais le réchauffé. Un groupe à ne pas manquer sur scène. GC
LOS CAMPESINOS / Romance is Boring
C’est déjà le troisième album des Gallois. Plus digeste que ses prédécesseurs, Romance is Boring met un peu de côté l’aspect gentil bordel acnéique pour s’orienter de temps à autre vers des compositions plus sombres. À l’image de « The Sea Is A Good Place To Think Of the Future », les sept de Cardiff explorent même quelques sonorités amères, ponctuant l’album d’interludes doux et mélancoliques. Le tout reste bourré d’énergie et l’on retrouve cette naïveté sautillante qui irritera les uns et ravira les autres. MJo
SPOON / Transference
Trop méconnu dans nos pénates, le quartette Spoon, originaire d’Austin, n’en est pourtant pas à ses premiers faits d’arme. Avec Transference, leur sixième album, ils démontrent encore une fois, que leur originalité est toujours là. Car sous des compositions somme toute pop rock, ils dessinent des mélodies incarnées et souvent tubesques (« Written In Reverse »), qui rappellent parfois les Bad Seeds avec la voix incomparable de Britt Daniel en prime. Alors allez l’acheter ! GC




