Breton / Other People’s Problems

Malgré son nom, Breton n’a absolument rien d’un groupe de mangeurs de galettes saucisse. C’est plutôt du côté de Londres que l’on peut rencontrer ces quatre Anglais installés dans une ancienne banque reconvertie en atelier d’artistes du nom de BretonLABS. C’est depuis ce camp de base que le groupe mène sa guérilla sonique et a récemment claqué tout le monde avec une poignée d’EP hybrides entre rock, dubstep, trip-hop et abstract hip-hop. Pas décidé à lâcher le drum pad, le groupe dégaine ce mois-ci Other People’s Problems, un premier album aussi puissant que la turbine d’un B-52 perdu en plein orage.
Breton
Other People’s Problems
(Fat Cat Records)


Lonely Drifter Karen / Poles

Entre l’Autriche, Barcelone, la France et Bruxelles, Lonely Drifter Karen est un trio dont les origines semblent inextricables. Du coup, ce groupe nomade a choisi de s’installer dans l’espace pour son nouvel album baptisé Poles.

Karen, ou plutôt Tanja, a toujours eu un goût particulier pour les périples en terres inconnues. Elle a grandi à Vienne avant de partir étudier en Suède puis à Barcelone où elle a fait la rencontre de l’Espagnol Marc Meliá Sobrevias. C’est avec lui qu’elle monte le groupe qui émigre à Bruxelles et s’enrichit d’un guitariste français. Autant dire que pour Lonely Drifter Karen, les pays et les frontières ne sont jamais que des lignes tracées sur une carte. D’ailleurs « Drifter » ne signifie-t-il pas « vagabond » en anglais ? Comme si le groupe finissait par se lasser de cette vieille Europe, son nouvel album, Poles, vise l’espace et propose une épopée cosmique dans laquelle les notes s’évaporent et les sonorités naviguent à vue dans un brouillard spatial. Délaissant le piano pour des synthétiseurs analogiques, Lonely Drifter Karen signe un disque tout en apesanteur et onirisme dans lequel se croisent êtres humains et extraterrestres. De cette piste de décollage sonore, on retient toute une série de morceaux perdus quelque part entre la pop réverbérée, l’extraordinaire sérénité qui se dégage des voûtes étoilés et l’ambiance musicale des films de science-fiction des 70’s et des 80’s. À écouter absolument !

Livre : When I Lived in Modern Times de Linda Grant
Club : La Compilothèque à Bruxelles
Disque : Deerhoof, Deerhoof Vs Evil


LONELY DRIFTER KAREN
Poles
(Crammed Discs)
www.myspace.com/lonelydrifterkaren

Par Simon Clair


Nina Kraviz / Nina Kraviz

Depuis quelques mois le nom de Nina Kraviz est sur toutes les lèvres. Après avoir trusté les tracklistings de compilations de nombreux labels, la demoiselle sort son premier album sur le label Rekids (de Radio Slave) et s’apprête à conquérir la planète avec sa deepness et ses rythmes alanguis.

Nina est une artiste russe. On la dit ex-mannequin et tant sa plastique que son joli minois nous font adhérer d’emblée à cette ligne de sa biographie. Depuis quelques mois, elle cristallise l’attention de toute la scène électronique mais aussi et surtout des médias généralistes qui voient en elle la porte-parole d’une nouvelle musique du millénaire, sensuelle et addictive. Et pour cause : son album pourtant très deep s’adresse à un public qui dépasse le cercle des aficionados d’électro. À l’instar du clip hypnotique illustrant un de ses titres phares « Ghetto Kraviz », la musique de Nina plonge son auditeur dans une sorte de transe éveillée, un bien-être anonyme où la voix se fait tantôt douce tantôt autoritaire sur fond de sonorités synthétiques urbaines. Si son planning de DJ est déjà plein pour les mois à venir, elle continue de distiller ses apparitions visuelles avec parcimonie. C’est la photographe Kate Bellm qui avait shooté Beth Jeans Houghton pour la couverture de Modzik qui a réalisé la cover de son album. À Open Mag, on pense que Nina Kraviz est la « Next Big Thing »… et apparemment, on n’est pas les seuls !

Nina Kraviz
(Rekids/La Baleine)
www.myspace.com/damelaayer


Par Joss Danjean


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