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Salif Keita et les Ambassadeurs / Tounkan / Mana Mani

Voici la grande époque du plus grand chanteur malien de tous les temps, celle où Salif Keita rejoint les Ambassadeurs du Motel de Bamako. Avec son leader, Manfila Kanté, Keita vivra une lune de miel créatrice inouïe, une entente artistique unique, forgeant un répertoire audacieux alliant tradition mandingue et modernité. L’album date de 1978. Il porte des années d’avance. Il est magiquement beau. BP?


Lokua Kanza / Nkolo

On retrouve bien dans Nkolo la marque de fabrique du musicien congolais qui vit aujourd’hui au Brésil : un mélange d’originalité et de tradition. Un spectre d’harmonies enlace des hymnes entre nature et révolution musicale. L’ancienne Victoire de la musique montre encore ses talents d’arrangeur chevronné et de compositeur subtil.?En concert les 6 et 7 mai à l’Européen. BP


Sophie Hunger / 1983

Si le mot inspiration colle à un artiste aujourd’hui, c’est bien à la Suisse Sophie Hunger. La multi-instrumentiste qui s’inspire des autres arts que la musique considère la composition comme un art plastique. Une réussite bouillonnante, en quatre langues, où l’électro, les mixages, les boîtes à rythme, se mêlent à un harmonica brut et à des vocalises d’un autre monde. BP?


Portico Quartet / Isla

Un son nouveau mis sur orbite par un attirail élaboré par le batteur dans le style des steel drums porte les volutes de cette formation britannique. Elle mérite haut-les-bras de figurer sur le label de Peter Gabriel. Des compositions intuitives dans la ligne de Philip Glass et Steve Reich qui échappent aux classifications et engendrent un indéniable bonheur d’écoute. BP


Tumi And The Volume / Pick A Dream

Si la température monte ces derniers jours sur Johannesburg, le Mondial imminent n’est pas le seul responsable. Plus tournés vers la peau de batterie que le cuir du ballon, Tumi et ses compères font monter les Celsius à coups de BPM. Sur un second opus fiévreux et rythmé, c’est l’instinct propre aux groupes de hip-hop live qui prime, et l’on croit entendre des Roots assumant l’héritage d’un Fela. Le cap des bonnes espérances est bel et bien passé, on monte le volume ! MdC???


The Infesticons / Bedford Park

Un groupe qui appose le mot « Anthem » (hymne) à la fin de chacun de ses titres, ça peut paraître comme une excroissance abusive de boîte crânienne. Mais lorsqu’il s’agit des Infesticons de Mike Ladd, figure emblématique de Big Dada, l’audace est vite pardonnée. À l’écoute de ce nouvel album, les férus de textes fouillés déclamés sur de chaotiques sérénades ne formeront qu’une seule et même caboche, remuante et bien remplie. S’il n’est à la joie, un hymne à la complexité plutôt salvateur. MdC???


Bobby McFerrin / VOCAbuLarieS

Peter Gabriel ou Paul Simon l’ont démontré en leur temps : l’ouverture au monde est une belle porte de retour pour les anciennes gloires. À son tour, Bobby McFerrin emprunte cette voie, ou, devrait-on dire, ces voix. C’est en effet d’une cinquantaine de tessitures que l’auteur du mythique « Don’t Worry, Be Happy » s’est entouré, pour un album concept et choral(e). Autour de sa voix communient l’hébreu, le portugais ou le zulu pour un O.N.U. du S.O.N. plein de belles résolutions. MdC


Belleruche / The Liberty EP

C’est souvent qu’on aimerait que les groupes à base électro s’essayent à l’acoustique, le temps d’une parenthèse. Le trio Belleruche, adepte de la soul bâtie sur MPC, nous fait ce cadeau sur son dernier format court. Entre quelques inédits et remixes biens sentis, deux moments suspendus, relectures de titres passés guitare en main. On prend soudain conscience de la capacité des Londoniens à composer de belles mélodies, portées par la douce voix de Katrin De Boer. Les beats se taisent, l’âme s’exprime. MdC


dDamage / Aeroplanes

Pour leur sixième LP et après dix ans de carrière, les dDamage se sont calmés sur la fureur, mais pas sur l’obscénité – celle qui s’est toujours logée dans leur radicalité et dans la violence de leur présence scénique. Elle réside aujourd’hui dans l’insolence d’Aeroplanes, qui revisite tour à tour Jon Spencer et Tim Simenon, Radioinactive ou encore Angil. S’approprier un morceau et le faire exploser de l’intérieur, c’est une chose. Flirter avec le punk, la noise ou le hip-hop selon les disques en est une autre. Faire, avec tout ça, un album dionysiaque et parfaitement cohérent force le respect. Aeroplanes est une O.P.A hostile : il en a la violence larvée, et c’est pour ça qu’on l’aime. MJ


MICHAEL FAKESCH / Exchange

Voilà le retour de Michael Fakesch (ex-moitié du fameux duo électro Funkstörung) après son premier album solo Dos sorti en 2007 sur le label munichois K7. Il revient cette fois à ses premières amours avec une collection de ses meilleurs remixes pour Mr Oizo, Booka Shade, Bomb The Bass, Raz Ohara, Towa Tei (ex. Deee-Lite), Matthew Herbert ou encore Notwist. Champion de l’électro et du groove électrisant, voilà dix-sept titres de haute volée où l’on peut entendre toute la maestria d’un producteur/remixeur encore trop méconnu. JD


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