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Breton / Other People’s Problems

Malgré son nom, Breton n’a absolument rien d’un groupe de mangeurs de galettes saucisse. C’est plutôt du côté de Londres que l’on peut rencontrer ces quatre Anglais installés dans une ancienne banque reconvertie en atelier d’artistes du nom de BretonLABS. C’est depuis ce camp de base que le groupe mène sa guérilla sonique et a récemment claqué tout le monde avec une poignée d’EP hybrides entre rock, dubstep, trip-hop et abstract hip-hop. Pas décidé à lâcher le drum pad, le groupe dégaine ce mois-ci Other People’s Problems, un premier album aussi puissant que la turbine d’un B-52 perdu en plein orage.
Breton
Other People’s Problems
(Fat Cat Records)


DOMINIQUE A / Vers les lueurs

Vers les lueurs est déjà la neuvième ligne à la discographie d’albums studio de notre Nantais d’adoption en tout juste vingt années d’activité – une date anniversaire marquée par la réédition de tous ses albums. Et malgré cette robuste carrière, il arrive toujours à surprendre son auditoire grâce à des orientations musicales inattendues et courageuses.

Dans un premier temps, il suffit d’écouter attentivement le texte du premier single, « Rendez-nous la lumière », bien plus introspectif qu’à l’habitude. Comment Dominique A a-t-il eu l’idée de ce coup de sang ? Il était en réalité enfoui en lui depuis bien longtemps déjà. Il faut donc y voir un état des lieux du monde qui l’entoure : « C’est parti d’une observation : on a beaucoup tourné dans des zones industrielles en passant par des autoroutes à perte de vue où le paysage ne bouge pas d’un iota pendant 300 kilomètres… Et finalement on arrive dans une ville où tu vois les mêmes paysages que ceux de la ville que tu viens de quitter ». Cette envie certaine de lyrisme passait auparavant par la musique. Et bien là, elle est passée par les mots.
Dans un autre ordre d’idée, dès les premières mesures de ce nouvel opus, on se surprend à découvrir des arrangements d’instruments à vent en parfaite harmonie avec un style rock assumé depuis plusieurs albums désormais. Il s’en explique : « L’idée d’intégrer des vents, c’est surtout parce que j’aime beaucoup ces sons-là. C’est une envie qui remonte à l’époque de l’album Remué sur lequel il y avait deux morceaux acoustiques, dont notamment un qui s’appelait « Avant l’enfer », avec une partition de hautbois ». C’est aussi le fruit d’une collaboration avec un compère musicien, David Euverte, qui l’accompagne en studio et sur scène depuis longtemps.
En tout cas, ses vingt ans de carrière couplés avec la sortie de ce nouvel opus risquent fort de faire date dans son parcours et ainsi de l’exposer un peu plus dans la lumière ! Lui-même en est convaincu et s’en amuse : « On parle souvent de « discrétion » à mon sujet… Avec ce disque, je pense que l’on va peut-être arrêter de me le dire ! ».


Restaurant : Kyobashi 117 rue Saint-Maur, Paris XIe
Lieu de sortie : Le Cirio 18 place de la Bourse, 1000 Bruxelles
Livre : La Destruction du Parthénon de Christophe Chryssopoulos (Actes Sud)
Film : Oslo, 31 août (2012) de Joachim Trier
Expo : « Odilon Redon, Prince du Rêve » au Grand Palais, Paris VIIIe

DOMINIQUE A
Vers les lueurs
(Cinq7/Wagram)
www.dominiquea.com

Par Ben Callens


Lonely Drifter Karen / Poles

Entre l’Autriche, Barcelone, la France et Bruxelles, Lonely Drifter Karen est un trio dont les origines semblent inextricables. Du coup, ce groupe nomade a choisi de s’installer dans l’espace pour son nouvel album baptisé Poles.

Karen, ou plutôt Tanja, a toujours eu un goût particulier pour les périples en terres inconnues. Elle a grandi à Vienne avant de partir étudier en Suède puis à Barcelone où elle a fait la rencontre de l’Espagnol Marc Meliá Sobrevias. C’est avec lui qu’elle monte le groupe qui émigre à Bruxelles et s’enrichit d’un guitariste français. Autant dire que pour Lonely Drifter Karen, les pays et les frontières ne sont jamais que des lignes tracées sur une carte. D’ailleurs « Drifter » ne signifie-t-il pas « vagabond » en anglais ? Comme si le groupe finissait par se lasser de cette vieille Europe, son nouvel album, Poles, vise l’espace et propose une épopée cosmique dans laquelle les notes s’évaporent et les sonorités naviguent à vue dans un brouillard spatial. Délaissant le piano pour des synthétiseurs analogiques, Lonely Drifter Karen signe un disque tout en apesanteur et onirisme dans lequel se croisent êtres humains et extraterrestres. De cette piste de décollage sonore, on retient toute une série de morceaux perdus quelque part entre la pop réverbérée, l’extraordinaire sérénité qui se dégage des voûtes étoilés et l’ambiance musicale des films de science-fiction des 70’s et des 80’s. À écouter absolument !

Livre : When I Lived in Modern Times de Linda Grant
Club : La Compilothèque à Bruxelles
Disque : Deerhoof, Deerhoof Vs Evil


LONELY DRIFTER KAREN
Poles
(Crammed Discs)
www.myspace.com/lonelydrifterkaren

Par Simon Clair


Kindness / World, You need a change of mind

Encore une bonne pioche de Philippe Zdar qui produit le premier disque de Kindness, Adam Bainbridge dans le civil. World, you need a change of mind est une sorte de manifeste hippie post-moderne qui mêle tout ce qu’il trouve, surtout quand ça sonne eighties, que ça parle d’amour et que ça peut se danser avec un air désabusé. Mais derrière le style indolent de Kindness, on trouve aussi pas mal de fun comme en témoigne l’improbable clip de « Gee Up ». En bref, on va être amené à recroiser très souvent cet Adam, sa tignasse taille XXL et sa musique délicieusement laid back.
Kindness
World, You need a change of mind
(Female Energy/Cooperative)


Nina Kraviz / Nina Kraviz

Depuis quelques mois le nom de Nina Kraviz est sur toutes les lèvres. Après avoir trusté les tracklistings de compilations de nombreux labels, la demoiselle sort son premier album sur le label Rekids (de Radio Slave) et s’apprête à conquérir la planète avec sa deepness et ses rythmes alanguis.

Nina est une artiste russe. On la dit ex-mannequin et tant sa plastique que son joli minois nous font adhérer d’emblée à cette ligne de sa biographie. Depuis quelques mois, elle cristallise l’attention de toute la scène électronique mais aussi et surtout des médias généralistes qui voient en elle la porte-parole d’une nouvelle musique du millénaire, sensuelle et addictive. Et pour cause : son album pourtant très deep s’adresse à un public qui dépasse le cercle des aficionados d’électro. À l’instar du clip hypnotique illustrant un de ses titres phares « Ghetto Kraviz », la musique de Nina plonge son auditeur dans une sorte de transe éveillée, un bien-être anonyme où la voix se fait tantôt douce tantôt autoritaire sur fond de sonorités synthétiques urbaines. Si son planning de DJ est déjà plein pour les mois à venir, elle continue de distiller ses apparitions visuelles avec parcimonie. C’est la photographe Kate Bellm qui avait shooté Beth Jeans Houghton pour la couverture de Modzik qui a réalisé la cover de son album. À Open Mag, on pense que Nina Kraviz est la « Next Big Thing »… et apparemment, on n’est pas les seuls !

Nina Kraviz
(Rekids/La Baleine)
www.myspace.com/damelaayer


Par Joss Danjean


Hugo Cabret / Martin Scorsese

Quand il ne nous conte pas les affres de la Prohibition dans sa série événement Boardwalk Empire, le génial Martin Scorsese se lance encore de nouveaux défis comme en témoigne Hugo Cabret, long métrage pour petits et grands où l’on suit les tribulations d’un jeune orphelin vivant dans une gare dans le Paris des années 30. De son passé, le garçon ne sait pas grand-chose et il s’emploie à suivre différentes pistes à l’image de cet automate qu’il tente de réparer dans l’espoir de trouver des éléments de réponse à sa quête. Avec un souci de précision digne d’un orfèvre, Martin Scorsese rend cette histoire un peu farfelue complètement merveilleuse : on ne se lasse pas d’admirer le grand soin apporté aux détails (tels les rouages de pièces mécaniques d’horlogerie), la description de la vie trépidante d’une gare ou la galerie de personnages hauts en couleurs comme Sacha Baron Cohen en gendarme boitant ou Ben Kingsley en papa Georges ! Et ne parlons même pas du magistral coup de théâtre qui transforme le film en hommage émouvant aux racines du cinéma. Du grand art ! JD

HUGO CABRET
De Martin Scorsese
(Metropolitan FilmExport)


Les immortels / Tarsem Singh

Décidément le succès à la fois artistique et commercial du film 300 a redynamisé un genre devenu oublié : le cinéma épique (ou « mythologique »). Après le remake des fameux Choc des Titans cher à Ray Harryhausen suivi en salles ce mois-ci de La Colère des Titans, Les Immortels nous conte une autre histoire impliquant la mythologie grecque : les démêlés entre deux races d’immortels. Soit l’affrontement entre les dieux de l’Olympe (avec Zeus à leur tête) et une autre race plus belliqueuse, les Titans. Les hommes (dont Thésée, fils de Zeus et d’une humaine) sont bien évidemment mêlés à cette lutte fratricide… Des effets à couper le souffle, une narration un peu poussive et un scénario sans surprise, mais un film qui se laisse au final bien regarder. JD

LES IMMORTELS
De Tarsem Singh
(Metropolitan FilmExport)


Colorful / Keiichi Hara

Voilà un manga qui sort des sentiers battus : l’esprit d’un gamin qui a commis l’irréparable gagne une seconde chance à la condition qu’il intègre le corps d’un adolescent confronté à des difficultés existentielles. Ce n’est qu’en endurant et en influant sur la vie quotidienne de Makoto, jeune élève de 3e en mal de vivre, qu’il pourra apprendre de ses propres erreurs et obtenir la possibilité de réintégrer le monde des vivants. En avançant pas à pas, l’esprit flanqué d’un acolyte ectoplasme va découvrir la vérité sur sa nature en évoluant dans la vie de Makoto. Colorful ou quand le quotidien flirte avec l’intangible. Une véritable ode à la vie. JD

COLORFUL
De Keiichi Hara
(Kazé)


FILMS FRANCAIS /

Ce mois-ci deux films français dont l’action se passe loin de la Métropole sont à l’honneur. Commençons par le décrié L’Ordre et la Morale de Mathieu Kassovitz (TF1 Video). Le réalisateur à la grande gueule nous y fait revivre les événements d’avril 1988 à Ouvéa en Nouvelle-Calédonie : trente gendarmes sont retenus en otages par un groupe d’indépendantistes kanaks et un bataillon de trois cents militaires est dépêché pour ramener l’ordre avec les conséquences que l’on connaît. Mathieu Kassovitz crée une nouvelle fois la polémique avec un film qui n’en demeure pas moins d’une grande qualité.
Dans The Lady (Europacorp), Luc Besson raconte l’histoire d’une femme en prise avec la tyrannie de son pays à la situation politique explosive, la Birmanie. Le Français n’évite pas certains poncifs, mais redresse tout de même la barre avec des personnages touchants dont une Michelle Yeoh tout simplement magnifique. JD


Haven / Saison 2

Suite des aventures de l’agent du FBI Audrey Parker, flanquée du policier local Nathan Wuornos mais aussi du petit malfrat au grand cœur Duke Crocker, le tout dans le petit port de Haven (quelque part dans le Maine cher à Stephen King). Des événements aussi étranges qu’inexplicables s’intensifient… Quel est donc le secret de Haven ? Pour les fans d’X-Files.

HAVEN
Saison 2
(Entertainment One /Aventi)


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