Le quatrième album studio de Scratch Massive emprunte son titre à un poème de William Blake et s’inscrit comme une petite révolution dans laquelle Maud Geffray s’impose comme la voix du duo. Les deux acolytes prennent définitivement les rênes de toutes les étapes du processus de production avec la création de leur label bORDEL. Garden of Love s’impose comme une « mise à nu émotionnelle », où l’hybridation sonore est le maître-mot et où le duo joue sur la confusion des sentiments, entre douce violence et mélancolie glacée.

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Quelle est la genèse de ce nouvel album ?

Lorsque nous nous sommes mis à travailler sur l’album, nous étions à Los Angeles. Nous venions de terminer la B.O. du film Day Out of Days de Zoe Cassavetes dans notre nouveau studio et nous avions plein de ces ambiances planantes et sombres dans la tête. Une fois la B.O. terminée, nous avions déjà pas mal de matière sonore que nous voulions développer sur ce nouvel album. Nous voulions aussi resserrer tous les points du processus de production sur nous, nous voulions que Maud soit plus présente avec sa voix, que ce disque devienne très intime. Nous avions également restructuré notre studio au niveau des synthétiseurs, boîte à rythme, etc. Nous voulions avoir un son commun aux tracks de ce disque pour lui donner une patte globale, une atmosphère unique.

Vous êtes dorénavant basés entre Paris et L.A. : qu’est-ce que cela implique par rapport à votre musique et quel a été l’impact de la « Cité des Anges » sur la composition de l’album ?

En ce qui concerne Scratch Massive, nous travaillons dorénavant notre musique à Los Angeles. Pour l’anecdote, nous avons récupéré le tout premier studio des Beasties Boys, la pièce a été insonorisée par Money Mark, il y a beaucoup de vibe dans cette pièce. Ensuite, L.A. nous a apportés beaucoup de choses. Nous avions fait la plupart de nos disques dans des studios en sous-sol, sans fenêtre donc, à L.A. nous sommes au premier étage avec vue sur les montagnes, le soleil qui rentre dans le studio, les couchers de soleil incroyables… Ça peut paraître naïf, mais ça a certainement apporté plus d’espace, peut-être même plus de luminosité dans nos compositions, même si notre univers reste finalement assez sombre.

Travailler sur des B.O. de films a-t-il une influence sur votre musique ?

Oui, c’est le meilleur terrain d’expérimentation pour notre musique. Il n’y a pas d’obligations d’avoir des morceaux construits, des structures pop dans la musique de film, il s’agit plus de plages d’ambiances et, en ce sens, c’est le meilleur moyen pour trouver et travailler de nouvelles matières sonores, c’est un vrai champ d’expérimentation pour nous.

Votre label bORDEL vous donne-t-il une autre perspective sur votre propre musique ?

Cela nous donne surtout une liberté totale et nous permet de voir comment d’un point vue artistique gérer le développement de notre musique. Nous pouvons maintenant la penser de A à Z sans avoir à faire des compromis avec un DA extérieur. Je pense qu’on était prêts à se lancer sur cet album là.

L’autre point positif, c’est la signature et le développement d’autres artistes, comme ceux que nous avons découvert à L.A.: Turbotito, Baby Alpaca plus les projets solo de Sébastien Chenut, les B.O. de Maud Geffray. Avoir un label, c’est comme construire une grande famille : on partage beaucoup entre nous tous, on grandit,  cela amène à de belles choses qui oscillent entre techno, musique électronique, B.O., ambient, rap… Nous n’avons pas vraiment de frontières sonores, à part celle de l’émotion et de la qualité musicale.

SCRATCH MASSIVE Garden Of Love

SCRATCH MASSIVE

Garden of Love

(bORDEL)

scratch-massive.tumblr.com

bordelrecords.tumblr.com

Concert à la Gaîté lyrique le 7 mars 2019