De nombreux jeux se sont illustrés ces dernières années dans le domaine de l’infiltration. De Hitman jusqu’à Metal Gear Solid en passant par les Français de Dishonored, la barre est désormais placée très haute. C’est donc avec une certaine appréhension qu’est lancé le dernier né des précurseurs du genre : Deus Ex.

Quand en 2000 sort Deus Ex, il est encore au stade du jeu de science-fiction. En 2016, il devient une œuvre d’anticipation dans laquelle le contexte fictionnel entre en résonance avec notre époque d’une manière troublante. Aujourd’hui, le transhumanisme devient de plus en plus concret et va jusqu’à générer des oppositions idéologiques avec d’un côté une intense inquiétude pour les détracteurs et de l’autre côté un espoir extraordinaire pour l’humanité. La licence, développée par Eidos et distribuée par Square Enix, décrit un monde totalitaire peuplé d’humains biologiques et augmentés mais suite à un dramatique événement mettant en cause les augmentés, un apartheid est mis en place pour mettre à l’écart cette fange de la population.
Le joueur incarne un individu suréquipé de toute une batterie d’altérations technologiques qui lui permet d’exécuter de nombreux exploits. Mais il est lui aussi victime de la ségrégation, ce qui donne une atmosphère dérangeante et amène un questionnement rarement vu dans le jeu vidéo. Ce leitmotiv nous incite à être discret et rend encore plus cohérent le principe d’infiltration. D’ailleurs, en ce qui concerne ce style de jeu qui demande réflexion, observation et patience, Deus Ex s’impose comme une référence. Le level design est considérablement bien pensé. Il y a des passages secrets et des itinéraires détournés partout. On est souvent saisi par l’imagination des game-designers. En tant que joueur, trouver un parcours bien planqué est valorisant et intensifie amplement l’expérience de jeu. Par ailleurs, si l’histoire est assez opaque tellement elle est tarabiscotée, cela ne nous empêche pas de se laisser embarquer par le rythme global du jeu.

Par Eidos / Square Enix sur PC, PS4, Xbox One, Mac, Linux